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La pollution dans la vallée Arve

restitution de l’étude DeCombio portant sur la pollution de la vallée de l’Arve et de l’étude ARVE-PRE2A portant sur la perception de cette pollution par les habitants.

Lundi 24 septembre s’est tenue à St-Pierre-en-Faucigny, la restitution de l’étude DeCombio portant sur la pollution de la vallée de l’Arve et de l’étude ARVE-PRE2A portant sur la perception de cette pollution par les habitants.
L’étude DeCombio qui analyse les relevés atmosphériques de 4 années sur trois capteurs, Passy Chamonix et Marnaz nous amène un éclairage scientifique chiffré sur une question qui inquiète bon nombre d’entre nous.

Après un historique de l’évolution des attentes des populations par rapport aux enjeux de la qualité de l’air, Martial Saddier a rappelé l’importance du Fonds Air Bois tout en expliquant que celui-ci aura vocation à s’arrêter un jour pour être remplacé par un autre dispositif. Puis Jean-Luc Jaffrezo a présenté l’étude DeCombio qu’il a coordonné sur sa durée dans la phase de prise de mesures entre avril 2013 et novembre 2016 puis pour les analyses qui ont suivie.

Il est difficile de résumer une étude de 160 pages en quelques lignes (disponible sur le site de l’Ademe), mais celle-ci identifie clairement la principale cause des dépassements des normes européennes dans notre vallée ; c’est bien la combustion de biomasse ou en terme plus profane la combustion du bois de chauffage qui pose problème. Selon le rapport sur certains hivers, le chauffage au bois constitue entre 60 et 70% de la masse des particules fines relevée pour certains sites, loin devant tous les autres facteurs. Rappelons que c’est principalement en hiver que nous dépassons les seuils européens pour les particules fines. Durant les autres saisons, les polluants sont principalement dus au transport et à l’ammoniaque de l’épandage mais dans des concentrations non alarmantes.
 
Il est important de noter que les premières mesures de concentration de particules fines ont été effectuées en 2003, période durant laquelle le tunnel du Mont-Blanc était fermé depuis plusieurs années suite à l’incendie.  En comparant nos données actuelles aux données de l’étude Coba de l’époque, on constate que la concentration en particules fines actuelle est moins importante qu’auparavant. Ceci va à l’encontre de ce que nous entendons régulièrement. 
 
L’étude a permis aussi de confirmer la corrélation quasi linéaire entre le facteur météo « d’inversion de température » et la concentration des polluants dans la vallée. Cependant, il est important de noter que l’air pollué ne se voit pas à l’œil nu.  
L’ambiance gazeuse, plafond sur la vallée, que l’on distingue de l’automne au printemps et que certains prennent pour un nuage de polluant est en fait une condensation excessive due à ce phénomène d’inversion. En revanche ce nuage est un bon indicateur de la présence de polluant car tout comme cette brume, les polluants sont plaqués en fonds de vallée, s’accumulant là tant que le vent ne vient pas les disperser.
Chose encourageante démontrée par l’étude, la concentration moyenne des particules fines est en diminution sur les trois sites, notamment pour les particules dues à la combustion du bois dont la diminution est quantifiable; de l’ordre de 14 à 18% en hiver lors des jours propices à la dispersion. Une diminution de l’ordre de 12% par hiver est observée sur le site de Passy pour ces mêmes particules dues à la combustion du bois.

La réduction des émissions dues à l’ensemble du Fond Air Bois est estimée entre 12 et 38 tonnes de Pm 10 par an à climat normal soit entre 4 et 12% des émissions liées au chauffage au bois résidentiel, pour 1932 appareils renouvelés à la date de fin des relevés en 2016. Alors que le territoire comptait 11000 dispositifs non-performants au début du Fond Air Bois, on estime à 3500 le nombre de chaudières changées à l’heure actuelle. L’Ademe estime que 9000 remplacements seront nécessaires pour obtenir des résultats qui placeraient la vallée à des niveaux de l’ordre de la moyenne française.

En deuxième partie de soirée la présentation de l’étude Arve-PRE2A a mis en avant le réel décalage entre la réalité de notre problème de pollution et la perception de celle-ci par nos concitoyens ; ainsi 86 ,7 % de la population considère les transports comme un des principaux facteurs de pollution, 46.6% de la population indique les industries, et seulement 27.1% pense que le chauffage des logements est un des facteurs principaux. Seulement 21% d’entre nous pensons que l’usage du bois de chauffage a un impact élevé et plutôt élevé sur la dégradation de la qualité de l’air contre 65% qui pensons que l’impact est faible ou plutôt faible. L’explication avancée par l’auteur de l’étude est que la bonne image du bois, matériau naturel, joue en sa faveur alors qu’une mauvaise utilisation de ce matériau donne des effets tout à fait néfastes.


Grâce à cette présentation très intéressante à différents points de vue, nous comprenons que le Fond Air Bois à qui l’on ne doit pas attribuer l’ensemble des changements de chaudière de la vallée est tout de même un bon accélérateur de la prise de conscience d’un phénomène combinant la géographie particulière des vallées alpines, les conditions météo, des pratiques ancestrales de chauffe et une perception à fleur de peau du problème.

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